Convier (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Crier ). XII e siècle. Emprunté du bas latin * convitare, réfection de invitare, « inviter à un repas », d'après convivium, « banquet ».
1. Litt. Inviter à un repas, à une fête, à une cérémonie. Je l'ai convié à dîner. Convier à un bal, à une noce. Un grand nombre de personnes avaient été conviées.
2. Par ext. Inciter à, engager à. Le beau temps nous convie à la promenade. Cet ouvrage nous convie à un effort de réflexion.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Inviter à un repas, à une fête, à une cérémonie, etc. "Convier à un bal, à une noce. Un grand nombre de personnes avaient été conviées à ce mariage. Je l'ai convié à dîner." Il vieillit.
Il se dit figurément en parlant des Choses qui excitent à quelque action. "Tout vous y convie. Le beau temps nous convie à la promenade."
Le CONVIÉ est très souvent employé comme nom avec le sens d'Invité à un repas de cérémonie. "Il a bien reçu, bien traité les conviés. Il n'était pas des conviés, du nombre des conviés."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Inviter quelqu'un à un repas, à une cérémonie. Convier à un festin, à une assemblée. Je l'ai convié à un dîner.

 2   Par extension, engager, exciter à.
DESC.: « Ni l'honneur, ni le gain n'étaient suffisants à me à les apprendre »
CORN.: « À se rendre moi-même en vain je les convie »
CORN.: « Quel sujet si pressant à sortir vous convie ? »
CORN.: « L'honneur te le commande et l'amour t'y convie »
CORN.: « Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie »
MOL.: « Et ce déchaînement aujourd'hui me convie à faire une action qui confonde l'envie »
RAC.: « À le sauver enfin c'est moi qui vous convie »
RAC.: « Faut-il qu'à feindre encor votre amour me convie ? »
RAC.: « Puisque mon roi lui-même à parler me convie »
MASS.: « On nous convie par le succès qu'ils [les saints] ont eu à marcher sur leurs traces »
MASS.: « Tout le convie à retourner dans les bras de Dieu »
MASS.: « L'insensé de l'Évangile, se croyant dans l'abondance pour une longue suite d'années, conviait son âme à se reposer »
MASS.: « Lui apprenez-vous à juger de la vocation du ciel par les impressions de la grâce, qui ne cesse de nous y en secret ? »
MASS.: « Vous conviez le pécheur à vous demander des grâces »
LAMART.: « Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié »
    Convier de...
SARRASIN: « Le prince les convia de voir passer la garnison »
MAUCROIX: « L'empereur Ferdinand convia Élisabeth de ne point se séparer de la créance des princes chrétiens »
CORN.: « Toi qui dedans un cloître as renfermé ta vie, De toutes les vertus tâche de l'enrichir ; C'est sous ce digne effort que tu dois y blanchir, Ta règle te l'apprend, ton habit t'en convie »
CORN.: « Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie »
    Convier de est aujourd'hui peu usité ; cependant l'euphonie pourrait demander qu'on en fît usage. D'ailleurs le vers célèbre de Cinna tend à conserver cette tournure.

SYNONYME
    CONVIER, INVITER. Ces deux verbes ne sont synonymes que quand prend le sens général d'inviter. Mais comme le sens propre en est inviter à un banquet, à une solennité, il garde, dans l'acception détournée que l'usage lui a donnée, une nuance qui dérive de l'acception primitive et a quelque chose de plus solennel ou de plus amical qu'inviter : On l'invita à prendre sa place ; le Cid convie les chefs des Maures vaincus à se rendre.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Sembloit il pas le à interposer son decret ? »
MONT.: « Les conviez [en parlant d'un festin] »
MONT.: « Aulcuns me convient d'escrire.... »
MONT.: « Une humeur curieuse me convia à tel effect esloingné de ma nature »
AMYOT: « L'ennemy n'a rien qui le convie à honorer son ennemy mort, sinon l'admiration de sa vertu »
AMYOT: « Il se feit un banquet, auquel estans tous les chefs de l'armée conviez, il.... »
AMYOT: « L'honneur et la réputation qu'il acquit depuis, le ent à tourner du tout son estude et son ambition aux armes et à la guerre »
AMYOT: « Il te reconviera si une fois tu le convies, et te donnera à soupper quand tu luy en donneras »
D'AUB.: « Ils depeschent encore à Famaguste, demandant des hommes, et Balcon le general se convia d'y aller, mais ceux de la ville le retindrent »
D'AUB.: « Et pource qu'ils estoient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager »
RONS.: « A baiser vostre main le desir me convie »
RONS.: « Je m'en vais saoul du monde ainsi qu'un convié S'en va saoul du banquet de quelque marié »
AMYOT: « Quand il n'y auroit autre occasion que ceste derniere, elle seule deust bien les princes à lire souvent et affectueusement les histoires »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. convidar, covidar ; espagn. convidar ; ital. convitare ; d'après Raynouard, il vient du latin convivare ou convivari, donner, prendre un repas ; mais le v ne peut se changer en t ou en d. D'après Diez, il vient d'invitare, inviter, avec la substitution du préfixe con, au préfixe in, sous l'influence de convivium, repas ; mais là contre il y a cette objection, non absolue il est vrai, qu'en cette hypothèse les langues romanes auraient fait avec un radical inusité en ce sens (vitare) un composé con-vitare qui n'existe pas dans la latinité. Si l'on prend les acceptions de l'italien convitare, on voit qu'il signifie à un repas, et tenir table ouverte ; convito, repas, banquet. Les choses étant ainsi, il faut ou croire avec Diez que invitare a donné la forme du mot, et convivium, le sens ; ou que l'italien convitare, l'espagnol convidar sont formés du préfixe con, et de vita, vie, convitare, vivre ensemble, faire repas ensemble, comme convivium, d'où inviter à un repas, et, en général, inviter. D'ailleurs, ce mot une fois formé, la ressemblance qu'il a avec invitare y aura introduit sans peine le sens de ce verbe. Dans le français, , dont on n'a jusqu'à présent des exemples que du XVIe siècle, a été formé sur convi qui est plus ancien.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Inviter à un festin, à une fête, à une cérémonie, etc. "Convier à un repas, à un bal, à des noces. Un grand nombre de personnes avaient été conviées à la cérémonie. Je l'ai convié à dîner."
Il signifie, par extension, Engager à faire quelque chose. "On l'a convié de faire telle chose, à faire telle chose. Ils furent conviés à s'y trouver. On nous convia de parler."
Il se dit figurément en parlant Des choses qui excitent à quelque action. "Toutes ces choses vous y convient. Tout vous y convie. La gloire, la raison, votre devoir vous y convie. Le beau temps nous convie à la promenade."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


"Convier à un festin, aux noces, au bal. Convier à une assemblée. On l'a convié de s'y trouver, à s'y trouver, de faire telle chose, à faire telle chose. On y a convié les Ambassadeurs, les Compagnies Supérieures, etc."
Il signifie aussi Exciter. "Toutes ces choses vous y convient. La gloire, la raison, votre devoir vous y convie. Le beau temps vous convie à la promenade".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Inviter. "Convier à un festin, aux noces, au bal. Convier à une assemblée. On l'a convié de s'y trouver, à s'y trouver, de" "faire telle chose, à faire telle chose. On y a convié les Ambassadeurs, les Compagnies Supérieures, &c."
Il signifie aussi Exciter. "Toutes ces choses vous y convient. La gloire, la raison, votre devoir vous y convie. Le beau temps vous convie à la promenade."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

CONVIVE, s. m. [1re lon. 2e lon. au 2d, 3e "e" muet au 1er, "é" fer. au 2d.] "Convier", est la même chôse qu'"inviter"; et il a les mêmes régimes, "à" devant les noms, et "à" ou "de", devant les verbes: "Convier à" un festin, "aux" noces, "à" une assemblée. On "l'a convié à" s'y "trouver", ou, "de" s'y "trouver".
   CONVIÉ, participe, s'emploie quelque-fois substantivement: il n'étoit pas "des conviés", du nombre "des conviés". On le dit de ceux, qui sont invités à un festin, à une cérémonie.
   CONVIVE, est celui qui se trouve à un même repâs avec plusieurs aûtres. On le dit ordinairement au pluriel. Tous "les convives" étoient de belle humeur. = On dit d'un homme agréable à table, que, "c' est un bon convive".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Inviter. "Convier à un festin, aux nopces, au bal. à une assemblée. on l'a convié de s'y trouver, de faire telle chose. on y a convié les Ambassadeurs, les Compagnies souveraines &c".
Il signifie aussi, Exhorter. "Toutes choses vous y convient. la gloire, la raison, vostre devoir vous y convie. le beau temps vous convie à la promenade".




Emplacement dans le dictionnaire :

convertibilité
convertible
convertir
convexe
convexité
convict
conviction
convictionnel
convié

convivant
convocation
convoi
convoité
convoiter
convoiteur
convoiteux
convoitise
convoler
convoluté
convolvulacees




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Numa-Denis FUSTEL DE COULANGES (La Cité antique)

...solides jusqu'au mort ; que, si l'on immolait une victime, toutes les chairs en étaient brûlées pour qu'aucun vivant n'en eût sa part ; que l'on prononçait certaines formules consacrées pour convier le mort à manger et à boire ; que, si la famille entière assistait à ce repas, encore ne touchait-elle pas aux mets ; qu'enfin, en se retirant, on avait grand soin de laisser un peu de lait et...


Citation n°2 de Frédéric OZANAM (Essai sur la philosophie de Dante)

...nous avons vu l'empreinte de la puissance, de la sagesse, et de l'amour. Le ciel, en poursuivant sur nos têtes le cours de ses révolutions, nous montre ses beautés éternelles, comme pour nous convier à reconnaître l'ouvrier qui les façonna. Le mouvement universel, qui entraîne le firmament, suppose un premier moteur immobile qui agit sur la matière par une attraction morale. D'ailleurs, étant...


Citation n°3 de Alphonse de LAMARTINE (Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient (1832-1833) ou Notes d'un vo)

...et des moeurs, où se retrempent toutes les vertus sociales. La législation, même après le christianisme, a été barbare sous ce rapport ; elle repousse l'homme de l'esprit de famille, au lieu de l'y convier. Elle interdit à la moitié des hommes, la femme, l'enfant, la possession du foyer et du champ : elle devait ces biens à tous, dès qu'ils ont l'âge d'homme ; il ne fallait les interdire qu'aux...


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